Dimanche 5 février 2012


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Mairie de Auneau
Avenue Gambetta
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Le site archéologique

La mer à Auneau
Il y a 30 Millions d'années...

- L'analyse géographique des dépôts de sables de Fontainebleau dans la région Chartraine nous amène à constater que leur extension ne dépasse pas l'Ouest d'une ligne passant par Auneau et par Maintenon. La reconnaissance d'affleurement de poudingue (roche formées de petits galets arrondis liés entre eux par un ciment siliceux) le long de la vallée de la Voise (à Aunay-sous-Auneau, Montlouet, le Gué de Longroi, Levainville, Garnet...) permet la matérialisation de leur limite de dépôt vers l'Ouest et la reconstitution approximative de l'ancien rivage marin.

- A l'Ouest de cette ligne, quelques sablières encore en exploitation, permettent l'observation des différents niveaux déposés par cette ancienne mer.

- Localement on retrouve quelques fossiles : Mollusques, crustacés, poissons osseux, poissons cartilagineux (requins, raies), reptiles marins et mammifères terrestres (rongeurs, marsupiaux, insectivores...)

- La présence occasionnelle, mais régulière, de restes de fossiles d'animaux terrestres au sein de sédiments marins témoigne de la proximité du rivage, les cadavres de ces animaux étant acheminés par les rivières vers la mer lors des périodes de crues.

- Lors de périodes de faibles agitations, une importante faune a colonisé les fonds marins. Dans l'ensemble les restes des fossiles retrouvés appartiennent à des formes de taille réduite (2 ou 3 mètres maximum pour les plus grands squales, dont le représentant actuel est le requin pèlerin).

- Lors du retrait de la mer, des oscillations des lignes de rivages ont permis l'installation dans l'arrière pays de cordons marins où une importante faune laguno-lacustre se développe (huitre, cérithes...) dans un milieu calme, peu profond pauvre en végétaux et à salinité fluctuante avec une nette tendance à l'adoucissement.

 Aurochs.jpg

Des crânes d’aurochs, datés d’environ 8 000 ans avant J.C, représentent les plus anciens vestiges découverts sur le site. Sans nul doute décharnés et découpés, ils ont été enterrés dans un but rituel ou culturel, difficile à élucider mais pourtant indiscutable.

Après avoir été découpés au niveau des orbites, les deux crânes d’aurochs ont été déposés au fond de fosses.
Deux pointes de flèches en silex avaient été placées auparavant sous l’un d’eux.

Une sépulture individuelle se rapporte à cette première phase d’occupation.

Une fouille minutieuse a permis de reconstituer parfaitement la position du défunt enterré assis.
Après enlèvement du crâne, apparaît la cage thoracique, montrant l’excellente conservation des connexions entre côtes et vertèbres, malgré le tassement du tronc.

Defunt.jpg 

De nombreuses fosses ont été creusées dans le sable par les hommes du Mésolithique. Deux d’entre elles ont livré récemment des bois de cerf. D’autres renfermaient des aménagements de blocs de grès et de calcaires, probables calages de poteaux. Les traces des habitations éventuelles sont cependant ténues. Au Mésolithique, les bois de cerf sont souvent présents dans les sépultures, participant parfois à l’architecture des tombes.

 Bois de cerf.jpg
Ici, cette ramure n’accompagne pas un défunt, mais repose sur un crâne d’aurochs, traduisant encore un culte animal.

Les vestiges mésolithiques se concentrent dans une dépression sableuse, zone propice au creusement, s’étendant entre le calcaire de Beauce et un affleurement de grès de Fontainebleau.

Deux sépultures de la fin du mésolithique sont également connues sur le site. Il s’agit de deux hommes adultes. Le premier avait été enterré dans une fosse peu profonde dont fond avait été dallé. Le second reposait dans une tombe creusée dans le sable. Un poinçon en os accompagnait chaque défunt. En France, 25 sites seulement ont livré des sépultures mésolithiques, isolées ou en petit nombre, ce qui souligne tout l’intérêt du site d’Auneau.
Ces derniers chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire sont encore itinérants, semi-nomades. Cependant, peu à peu, apparaissent les prémisses de la sédentarisation et la collecte sélective de céréales, notamment au Proche-Orient. Les premiers cimetières participent peut être à ce mouvement. Ils se développent en Europe Occidentale surtout à partir de 6 000 avant J.C, en particulier sur les sites côtiers, au Portugal, en Bretagne, au Danemark ou en Suède. Les deux tombes d’Auneau sont sans doute les premiers éléments d’un cimetière.
Au Néolithique ancien, le site paraît avoir été délaissé par les hommes plusieurs siècles.

Un immense tumulus est aménagé au début du Néolithique moyen. Une dalle de grès, d’une dizaine de tonnes, a été déposée sur un bord. Elle recouvrait deux ou trois corps, dont un enfant.

Cette tombe évoque les sépultures sous dalle des vallées de l’Essonne et de la Juine, premiers véritables monuments funéraires.

Tumulus.jpg 

Le tumulus s’étend sur plusieurs centaines de mètres carrés autour de la sépulture sous dalle. Il est construit avec des pierres calcaires grossièrement agencées, formant une couche peu épaisse. La dalle couvrant les défunts reposait directement sur cet empierrement sans support intermédiaire.

Cet enfant, enterré en position fœtale était âgé d’environ 6 ans. La tombe était une simple fosse, sans aménagement particulier et sans dispositif la signalant à l’extérieur.

Foetale.jpg 

Placée en offrande dans une sépulture, cette coquille Saint Jacques a été transportée à plusieurs centaines de kilomètres pour arriver sur le site. Comme des haches polies en dolérite de Bretagne trouvées parmi les rejets domestiques, elle témoigne des échanges à longue distance au Néolithique.

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